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Paysages en devenir: Cedissia de Chastenet LA VILLE DE PARIS OPTE POUR UN AMENAGEMENT DURABLE  
Auteur : admin
Publié: 2007/7/3
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Cedissia de Chastenet 

 

LA VILLE DE PARIS OPTE POUR UN AMENAGEMENT DURABLE

UN OUTIL POUR INTEGRER LE DEVELOPPEMENT DURABLE DANS LES PROJETS D’AMENAGEMENT URBAIN

 

En matière de développement durable et d’aménagement urbain, la capitale dispose de références majeures. Ses engagements et orientations en témoignent : charte d’Aalborg, charte régionale de la biodiversité, Plan Local d’Urbanisme avec son Projet d’Aménagement et de Développement Durable, Plan des Déplacements de Paris, Cahier des recommandations Environnementales. Par ailleurs, la Haute Qualité Environnementale est de plus en plus présente dans les constructions neuves ou les réhabilitations. Toutefois, il manquait une méthode prenant en compte et articulant tous ces éléments pour la conception et la mise en œuvre des opérations d’aménagement urbain. La Ville de Paris a donc créé à cet effet un référentiel.

 

Il s’adresse en priorité aux agents municipaux qui gèrent les opérations d’aménagement : les chefs de projets des services de l’urbanisme. Il concerne aussi plus largement tous les intervenants de l’aménagement : autres services de la ville et structures extérieures (aménageurs, bailleurs sociaux…).

 

Le principe est simple : à chaque étape, de la prise de décision au bilan en passant par la construction l’intervenant est accompagné de manière à agir « durablement ». Cela implique notamment une réflexion globale et des actions transversales.

 

Concrètement, le référentiel se présente sous la forme d’un fascicule didactique. Les axes clés de l’aménagement sont abordés : organisation, cadre urbain, environnement, aspect social et économique. Pour chacun de ces thèmes, le lecteur trouve un diagnostic sur le développement durable à Paris, des objectifs et des indications pour les atteindre. Il est orienté si nécessaire vers des textes de référence. Enfin, un « tableau de bord » récapitule tous les aspects de la démarche. Il comprend des exemples d’indicateurs pour engager une réflexion à long terme et favoriser l’évaluation des réalisations.

 

Comme toute démarche expérimentale, ce guide est destiné à évoluer dans le temps.

 

Plus qu’une démarche, cet outil constitue un itinéraire accompagné. On y découvre aussi bien comment organiser la concertation que concevoir des espaces publics accueillants ou choisir des matériaux adaptés. C’est aussi un apprentissage, une recherche personnelle : on apprend à poser les bonnes questions, même si certaines réponses restent à affiner.

 

 

La Ville de Paris intègre déjà des aspects majeurs du Développement durable dans ses opérations d’aménagement. Quelques exemples, parmi les réalisations les plus avancées en témoignent.

 

Limitation des consommations d’énergie et d’eau 

 

· La ZAC Rungis (13ème ardt) a pour objectif de diminuer de moitié la consommation d’énergie par rapport aux exigences réglementaires. Plusieurs mesures y concourent :

- isolation particulière des constructions,

- production d’électricité photovoltaïque,

- production d’eau chaude panneaux thermiques

- récupération des eaux de pluie pour l’arrosage, voire les sanitaires (si la DASS l’autorise ).

- recours à la Compagnie Parisienne de chauffage Urbain (CPCU), qui fait en partie appel à de l’énergie recyclée.

 

· La ZAC Pajol, (18ème ardt) applique elle aussi une démarche respectueuse de l’environnement :

- récupération des eaux pluviales pour l’arrosage,

- pose de panneaux solaires pour produire de l’énergie et pour chauffer l'eau destinée aux sanitaires,

- installation de toitures végétalisées sur les bâtiments neufs pour retenir l’eau de pluie et limiter les rejets en égouts

- conception d’immeubles utilisant au mieux l'éclairage naturel pour limiter le recours à l’électricité

- chauffage via la CPCU

 

· La ZAC Claude Bernard (18ème et 19ème ardts) est le premier quartier en cours d’aménagement du vaste secteur Paris Nord Est. Les énergies renouvelables couvriront ¼ de ses besoins. Tout est prévu pour réduire de plus de 20% les consommations énergétiques seront inférieures aux normes imposées (-20%).

Au programme également, des immeubles limitant les rejets des eaux pluviales dans les égouts. Par ailleurs, le stockage temporaire de ces eaux dans une noue (petit fossé) permettra d’irriguer un futur espace vert, la « forêt linéaire ».

Le recours à la CPCU est également prévu.

 

· Le quartier Fréquel-Fontarabie, (20ème ardt ) constitue un exemple d’« habitat passif » voué à autogérer sa consommation d’énergie.

Certains logements afficheront une consommation en énergie inférieure de 30 %, voire 50% à celle imposée par la réglementation. A la clef, une conception rigoureuse : production d’énergie renouvelable, isolation particulière des façades, épaisseur accrue des murs, triple vitrages, orientation des immeubles …

Parallèlement, l’eau sera récupérée et utilisée pour arroser le jardin.

 

Gestion « propre » des chantiers

 

Les chantiers constituent souvent une gêne pour les riverains et une atteinte à l’environnement. Une gestion rigoureuse a pour effet de limiter leurs nuisances.

 

· La ZAC Rungis respecte une charte « chantiers propres ». Lors des démolitions, par exemple, les zones concernées sont aspergées d’eau pour diminuer les retombées de poussière.

 

· La ZAC Pajol applique elle aussi une charte de bonne conduite en matière de chantiers.

La suppression partielle d’une halle métallique a généré quelque 900 tonnes de ferraille. Celles-ci ont été vendues à une usine sidérurgique pour recyclage puis transportées par rail. Au delà du bénéfice financier, cette procédure a évité pollution et embouteillages.

Parallèlement, certains résidus (béton, briques ou tuiles) ont été concassés sur place, puis utilisés pour construire une rampe. Là aussi, moins de nuisances puisque leur transfert aurait impliqué le passage d’environ 1000 camions.

 

· Le transport fluvial représente une alternative intéressante pour acheminer les déchets. Les chantiers de la ZAC Claude Bernard utiliseront ainsi le Canal Saint Denis.

 

Développement économique et insertion

 

· Le développement durable dépasse le cadre de la protection de l’environnement. Plusieurs opérations comportent une part importante de locaux créateurs d’emploi :

- 19 000 m² de bureaux, 1000 m² de commerces et équipements pour la ZAC Rungis

- 6300m² d’activités économiques dont un pôle d’entreprises de 5200m² pour la ZAC Pajol ,

- 40 000 m² de bureaux , 1500 m² de commerces et  6000 m² d’activités et services pour la ZAC Claude Bernard.

 

· La ville et ses prestataires incluent par ailleurs dans tous leurs marché de travaux et services des « clauses d’insertion » qui visent à recruter sur chaque chantier un pourcentage de chômeurs. Le règlement impose de consacrer à ces recrutements 5% des heures travaillées. Pour certains quartiers sensibles, la Ville de Paris souhaite atteindre 10%. Elle s’engage à exercer une vigilance particulière pour faire respecter ces consignes. Ces mesures bénéficient en priorité à la population locale. Les premiers chantiers de la ZAC Pajol ont par exemple permis de recruter des habitants de l’arrondissement. Les travaux du secteur Fréquel - Fontarabie créeront des emplois pour les jeunes du quartier.

 

Espaces verts

 

· Dans la mesure du possible, les aménagements comportent des espaces verts et des surfaces plantées.

Elles représentent pour la ZAC Rungis près d’un tiers de sa surface avec un jardin partagé et un jardin entretenu grâce à l’énergie renouvelable. Certains bâtiments bénéficient en outre de terrasses ornées de plantes d’agrément.

La ZAC Claude Bernard bénéficiera, outre la « forêt linéaire », de 3km au Sud du Périphérique, d’une petite réserve naturelle d’un ha. La création de celle-ci répond à un double objectif : préserver la faune et la flore et implanter des végétaux absorbant la pollution (phyto remédiation). Cette réalisation servira de lieu d’expérimentation et d’outil pédagogique, notamment pour les écoles.

 

· D’autres expériences concernent le type de plantations : celles du jardin programmé sur le site Fréquel Fontarabie ne comporteront pas d’espèces allergisantes dégageant des pollens.

 

Transports et stationnement

 

· La ville de Paris a pour priorité de limiter les nuisances dues aux automobiles, de développer les circulations douces et de favoriser les transports en commun. Les mesures suivantes y contribuent :

 

ZAC Rungis

- parc automobile réduit pour les bureaux

- parking à vélos pour l’immeuble bureaux

- itinéraires cyclables

- mutualisation du parking destiné aux logements

- incitation à l’auto-partage : création d’une station permettant de louer un véhicule ponctuellement dans un immeuble bureaux

- rue piétonne et rue à priorité piétons, circulations douces et véhicules riverains

- station de tramway à proximité

 

ZAC Pajol

- desserte par la navette Ney-Flandre

 

ZAC Claude Bernard

- parc stationnement mutualisé (optimisation places)

- limitation des places de stationnement destinées aux entreprises tertiaires

- facilitation des places de livraison pour les PME et PMI

- parc à vélos

 

Accessibilité

 

Tous les opérations d’aménagement accordent une place particulière à l’accessibilité des personnes à mobilité réduite. L’objectif est de proposer des cheminements praticables par tous ou de doubler un itinéraire par un autre, plus aisé. C’est le cas de la ZAC Rungis qui a prévu un accès spécifique à l’EPHAD pour éviter aux personnes âgées une pente forte. La conception des bâtiments s’effectue également dans le souci de permettre à tous de se déplacer.

 

Mixité sociale

 

· LE PLU de Paris dédie la moitié des surfaces de logement à destination sociale. A titre d’exemple, la ZAC Claude Bernard comporte 34 000 m² de ce type, soit environ 400 logements. La ZAC Rungis juxtapose des logements sociaux pour étudiants, des logements privés « classiques » et des logements privés destinés à des chercheurs.

 

· La mixité s’étend aussi aux relations entre générations. Pour faciliter les échanges, l’EHPAD et la crèche de la ZAC Rungis seront reliées par un passage.

 

· La qualité de vie d’un quartier passe enfin par un brassage harmonieux entre la population, les usagers des équipements ou services et ceux qui viennent sur place pour travailler. Les programmes s’attachent à instaurer équilibre et diversité entre les fonctions de la ville.

 

Collecte pneumatique des ordures

 

La ZAC Claude Bernard sera dotée d’une collecte pneumatique des ordures. Cette formule consiste à aspirer les déchets grâce à un réseau de canalisations. Le public dispose à cet effet de bornes dans les immeubles ou sur la voie publique. Les ordures aboutissent à un terminal qui les évacue de manière groupée vers des centres de traitement. Ce procédé évite la circulation de nombreuses bennes. Des études sont en cours pour préciser sa mise en œuvre. En attendant leur issue, les réseaux nécessaires sont déjà prévus.

 

Les exemples ci-dessus ne constituent qu’un début. L’approche Développement durable est une démarche à long terme qui concernera peu à peu toutes les opérations d’aménagement de la ville de Paris.


 
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